Cyberattaque contre La Poste : quand la panne devient un risque stratégique pour les entreprises

Une nouvelle panne massive dès les premières heures de l'année

Jeudi matin, peu après 3 h 30, le site laposte.fr est devenu inaccessible. Rapidement, l'ensemble des services numériques du groupe a été impacté : suivi des colis, espaces clients, et même le coffre‑fort numérique Digiposte. Seule la messagerie laposte.net semblait encore fonctionner par intermittence.

Pour les utilisateurs – particuliers comme professionnels – le constat est brutal : impossibilité de suivre une livraison, de récupérer un document sécurisé ou d'accéder à des services devenus essentiels au quotidien. Pour une entreprise qui traite des millions de flux logistiques et administratifs, l'impact est immédiat.

Chez EPIXELIC, on observe souvent que ce type de panne n'est jamais perçu comme « grave »… jusqu'au moment où un service critique s'arrête net.


Cyberattaque ou incident technique ? Une communication prudente

Dans un premier temps, un message évoquant explicitement une « cyberattaque » était affiché sur la page d'accueil. Cette mention a ensuite été retirée, signe d'une extrême prudence dans la communication de crise. Officiellement, La Poste indique enquêter, sans confirmer définitivement l'origine malveillante de l'incident.

Cette hésitation est compréhensible. En matière de cybersécurité, chaque mot compte : parler trop vite peut alimenter la panique, mais attendre trop longtemps fragilise la confiance des usagers et partenaires.


Le précédent de Noël : une attaque par déni de service assumée

Difficile toutefois d'ignorer le contexte. Le 22 décembre, à deux jours de Noël, La Poste, La Banque Postale et Colissimo avaient déjà été lourdement touchés par une attaque par déni de service (DDoS).

Le principe est simple, mais redoutablement efficace : saturer les serveurs par une avalanche de requêtes, jusqu'à les rendre inaccessibles aux utilisateurs légitimes. Résultat : services hors ligne pendant plusieurs jours, suivi des colis inutilisable, mais sans vol de données.

Cette attaque avait été revendiquée par le groupe pro‑Kremlin NoName057 (16), déjà connu pour cibler l'Ukraine et ses alliés européens, dont la France.


Une enquête d'État… et une réalité qui inquiète

Après l'attaque de décembre, une plainte avait été déposée. Le parquet de Paris avait alors confié l'enquête à la Direction générale de la sécurité intérieure et à l'unité nationale cyber.

Mais une question demeure : comment expliquer qu'un acteur aussi stratégique puisse être de nouveau perturbé aussi rapidement ?

Pour les dirigeants d'entreprise, le message est clair : si une infrastructure nationale, dotée de moyens considérables, peut être paralysée, aucune organisation n'est réellement « trop petite » ou « trop secondaire » pour être ciblée.


Ce que cette affaire révèle pour les entreprises

Au‑delà de l'actualité, cet épisode met en lumière plusieurs réalités souvent sous‑estimées :

  • la dépendance croissante aux services numériques,

  • la difficulté à absorber des attaques prolongées,

  • l'importance de plans de continuité réellement opérationnels,

  • et la nécessité d'une communication de crise maîtrisée.

La cybersécurité n'est plus un sujet technique réservé aux DSI. C'est un enjeu stratégique, business et réputationnel.


Le conseil d'EPIXELIC

👉 Ne vous contentez pas de “sécuriser” : préparez l'indisponibilité.
Chez EPIXELIC, nous recommandons systématiquement à nos clients de travailler sur trois piliers complémentaires :

  • La résilience (CDN, protections anti‑DDoS, hébergements redondants),

  • Le plan de continuité d'activité (que se passe‑t-il si votre site est indisponible 24 ou 72 h ?),

  • La communication (messages prêts à l'avance pour clients et partenaires).

Une attaque ne se prévoit pas toujours. Mais ses conséquences, elles, se gèrent.

À lire également